Photographie de concert, comment obtenir les meilleures images ?

Photographie de concert, comment obtenir les meilleures images ?



Promo Band photographie de concert

Un grand merci à Jean-Michel Missri éditeur du Magazine Shades of Color Photography qui m'a donné la possibilité de dire pourquoi j'aime la photographie de concert.

Retrouvez mon interview ci-après :


Quand et comment as-tu commencé la Photographie ?
Tout a réellement commencé il y a maintenant une dizaine d’années. Après avoir utilisé mon appareil dans tous les sens, avoir essayé le paysage et la pose longue notamment, le portrait, le sport,… je suis arrivé à un moment où je me suis dit « pour avancer il te faut choisir une, voire deux disciplines et te concentrer dessus, choisir ton domaine de prédilection ». Il n’est pas possible je pense pour un photographe de maîtriser tous les genres. Je me suis naturellement orienté vers la photographie de surf et dernièrement vers la photographie de concerts. J’ai fait en quelque sorte un mix entre ma passion de l’image, de la musique et du surf.

Quelles sont tes principales influences ?
Elles sont multiples. Il y a de très nombreux photographes que j’admire et qui ont nourri mon imaginaire grâce à leurs images. Mais l’important est de se forger son propre regard photographique. Pour le surf j’aime beaucoup Ben Thouard, CoreyWilson, Morgan Maassen, Tim Mc Kenna,…Pour la photographie de concert, Anton Corbijn, Danny North, Eric CantoMathias Marchioni, JerzyBinRod Maurice, …Je vous invite à tous les découvrir.

Que représente la photographie dans ta vie ?
La photographie est pour moi avant tout une recherche émotionnelle mais aussi une échappatoire, un moment où je me ressource. En tous les cas, c’est devenu un réel besoin, c’est mon équilibre.

Qu’est-ce qui t’a attiré vers la photo et plus récemment vers la photo de concerts ?
Tout d’abord je crois le fait d’essayer de figer l'éphémère, de jouer avec le mouvement, la lumière, … et puis après aussi la possibilité d’établir une relation avec le monde, car photographier c’est avant tout un partage d’émotions, de sensations et je suis plus à l’aise avec des images qu’avec des mots. En ce qui concerne la photographie de concert, j'aime écumer les scènes (petites ou grandes), je suis un inconditionnel du son rock et des musiques électriques, notamment de metal. Le milieu musical est une grande famille de passionnés. J’y ai beaucoup d’amis (musiciens, photographes, agents, journalistes, …).

La photo de concert n’est pas une discipline facile, et les restrictions sont nombreuses. Quelle est ta manière d’aborder ce type de photos ?
Je suis avant tout musicien et j’ai joué dans plusieurs petits groupes locaux (il y a bien longtemps!). De comprendre la musique me permet d’anticiper beaucoup d’actions (placement, posture et gestuelle des musiciens, jeux de lumière. Avant chaque concert je regarde aussi les vidéos YouTube du groupe que je vais shooter, afin de visualiser en amont leurs prestations et saisir des instants et des détails qui feront toute la différence (anticiper une chorégraphie sur tel ou tel morceau, un jump, un solo, ...). La photo de concert est un domaine difficile et exigeant. Elle demande beaucoup de réactivité. Il faut connaître et maîtriser parfaitement son boitier pour changer rapidement ses réglages. L’idéal est d’observer avant le début du concert comment sont placés les instruments et les retours, les micros pour déterminer quels seront les bons angles. Le placement est important et il faut prendre en compte que s’il n’y a pas de fosse entre la scène et le public les mouvements seront limités durant le concert. J’aime aussi pendant la moitié du premier morceau prendre le temps de lire la lumière, de comprendre ce qui se passe sur scène avant de commencer à appuyer sur le déclencheur. Il faut savoir composer rapidement, s’adapter aux conditions (lumières, règle des 3 premières chansons ou autre, artiste statique ou en perpétuel mouvement, …), varier ses plans : plans larges pour rendre compte de l’ambiance, gros plans pour donner à voir ce qu’on n’aurait pas forcément vu dans l’effervescence du concert.
C’est quand tu entends le son d’une photo que tu sais que la photo est réussie!!

Quel matériel utilises-tu ?
Mon boîtier principal est le Nikon D500, reflex au format DX, sur lequel est vissé un objectif Tamron SP 24-70mm F/2,8 DIVC USD G2. J’utilise pour les petites salles le Sigma série Art 18-35mm F/1,8 que j’apprécie énormément. J’ai aussi dans mon sac le Nikkor 70-200mm f/2.8 VR.
Le Nikon D500 est très réactif, possède un AF de 153 collimateurs répartis sur toute la surface du viseur, un mode rafale à 10fps sur une carte XQD. Dans la gestion de la lumière, il monte plutôt bien en iso.
Mon boîtier secondaire est un plein format, le Nikon D750.

Les éclairages de concert sont compliqués pour les photographes. As-tu des réglages
spécifiques ?
Il n’y a pas vraiment de technique précise en concert (chacun la sienne). Pour ma part, je suis toujours en mode tout manuel. Je me mets le plus souvent en mode AFC-C avec suivi 3D et en mesure spot avec l’option pondérée sur les hautes lumières qui permet de conserver plus de détails dans les hautes lumières. Le mode AF-C est le plus intéressant en concert, il permet de suivre de manière dynamique le sujet qui se déplace. Pour la vitesse 1/125ème s est un minimum, je suis plutôt en moyenne autour de 1/160ème s - 1/250ème s. Elle ne doit pas être trop basse pour éviter les flous de bouger. Pour les ISO cela dépend de la lumière mais généralement je suis entre 1600 et 3200 ISO.
Il m’arrive de monter à 6400. J’utilise parfois le mode automatique pour les ISO (en fixant une
limite : une fourchette entre un ISO minimum et un ISO maximum) ce qui me permet de me concentrer sur la composition. Je shoote toujours en RAW et règle la balance des blancs sur automatique.
On ne doit pas avoir besoin de plus de deux ou trois réglages maxi. Si on passe son temps à changer ses réglages, ce n’est pas bon signe. 

Les images de concert sont souvent difficiles à traiter. Quels logiciels utilises-tu, et as-tu un workflow particulier ?
Le travail en post prod est important (exposition, contraste, clarté, correction de la balance des blancs, éventuellement passage de la photo en noir et blanc, bruit, …). J’applique un traitement personnel dans Lightroom (je me suis fait mes propres presets), un peu de Photoshop. J’utilise aussi DxO PhotoLab 3 qui a de très bonnes fonctionnalités notamment pour enlever le bruit.

Quelle est la situation la plus difficile que tu as rencontrée ?
Un shooting dans une petite salle de concert très sombre, sans lumière en front, ni sur les côtés, avec une prédominance de lumière rouge et de lights stroboscopiques d’un groupe relativement connu de metal modern qui bougeait dans tous les sens, avec des casquettes vissées sur la tête qui renforçaient l’ombre sur leurs visages. Pas très fier du résultat !!

Quelle a été ta plus belle expérience photographique ?
Ma plus belle expérience photographique en concert, je la dois au Ready for Prog Festival, seul et unique festival de metal progressif en France (merci Romain), qui se déroule à Toulouse (3ème édition cette année), où j’ai pu photographier mon groupe préféré en 2018 dans des conditions exceptionnelles (son, lumières, …).
Mes émotions étaient fortes ce jour-là.

Comment distribues-tu tes images ?
Les medias sociaux sont un élément clé de ma promotion et de la distribution de mon travail.
J’ai un compte pro Instagram et une page Facebook. Je poste quotidiennement des photos sur Instagram (c’est pour moi le réseau social le plus approprié pour promouvoir mon travail).

As-tu de nouveaux projets à venir dont tu aimerais nous parler ? (Livres, expositions, workshops)
Oui, je suis en train de monter un projet « Promo Band » qui sera une agence de photographes spécialisée en marketing musical, en promotion d'artistes et de groupes basée sur Bordeaux. Nous proposerons des prestations clé en main de sessions photos (sur scène, en studio, en extérieur).

Quel conseil donnerais-tu à des photographes désirant photographier des musiciens et des concerts ?

S’amuser, se confronter à plusieurs scènes, varier les styles musicaux, avoir de l’instinct, sentir et vivre la musique. Prendre le temps d’observer, ne pas shooter à tout va. Chercher des cadrages ou des angles différents. Toujours essayer de retranscrire la puissance ou l’émotion du concert que l’on photographie. Il faut le faire partager avec ceux qui n’ont pas eu la chance d’y être.
Enfin être respectueux des artistes en évitant de les déranger, ne pas s’interposer entre eux et leur public, respecter aussi le public présent pour le spectacle.

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